23 mars 2026

Visite du Conservatoire de l'Air et de l'Espace

Généalogie 33 a eu le plaisir de visiter le Conservatoire de l'Air et de l'Espace Aquitaine (CAEA), situé au cœur de la base 106 à Mérignac. 

 Ce Conservatoire a pour objectif de préserver et de mettre en valeur le patrimoine aéronautique et spatial de la région. Sous un immense hangar, il accueille une soixantaine d'appareils volants (avions, hélicoptères...) rénovés par une équipe de bénévoles passionnés. Le CAEA est une association de loi 1901 reconnue d'intérêt général, fondée en 1987 à Mérignac par M. René LEMAIRE ancien ingénieur chez Dassault Aviation. 

Le CAEA dispose également :

  • d'une salle dédiée à la réalisation de maquettes
  • d'une médiathèque aéronautique très riche comprenant des périodiques et de la documentation technique, 
  • d'imprimantes 3D pour la fabrication des pièces, 
  • de simulateurs de vols, etc.

La visite a été menée par M. Alain PIQUEMALE, ancien pilote chevronné, passionné et érudit que nous remercions grandement pour avoir été le guide de la visite.

Voici quelques uns des engins volants que l'on peut y trouver (photos : Généalogie 33 avec l'aimable autorisation du CAEA)

 Le Super Frelon : Hélicoptère lourd polyvalent.

Le Super Frelon équipe 2 flottilles de la Marine nationale pour la lutte anti sous-marine et une flottille pour la recherche et le sauvetage. Il est employé également pour le transport notamment de l'arme nucléaire à bord de porte-avions. Il est équipé de 3 turbomoteurs Turboméca de 1610 cv chacun. Il peut emporter 4 membres d'équipage et 27 passagers ou 15 civières ou encore 4,5 tonnes de matériel. Il a une autonomie de 3 h et vole à 13 nœuds (250 km/h).

 



Le Mystère IV A : Chasseur bombardier par temps clair

Entre 1954 et 1973, le Mystère IV A est le premier chasseur supersonique français. Il va équiper 6 escadres de chasse de première ligne de l'armée de l'Air. Entre 1957 et 1964, la Patrouille de France a utilisé cet avion. Au sein de la 8e escadre de chasse, il assure la formation opérationnelle des futurs pilotes de combat jusqu'en 1982 où il sera remplacé par l'Alphajet. L'appareil présenté au CAEA a effectué son premier vol en 1956 à Mérignac. Il est équipé d'un turboréacteur Hispoan-Suiza Verdon de 3 500 kg de poussée, et de 2 canons DEFA 551 calibre 30 mm (en bas à droite sur la photo). Il pèse 6 t et sa vitesse maximale est de 600 nœuds (1 100km/h).

 


 Le Noratlas : avion de transport cargo, passagers, parachutistes

 Entre 1953 et 1989, le Noratlas est utilisé par l'armée de l'Air pour le transport, l'instruction et pour le parachutage de troupes. Il a été utilisé pour des missions en Indochine, à Suez, en Algérie, au Tchad... L'appareil présenté au CAEA a fait parti de la patrouille "Guimauve". Sa restauration a nécessité plus de 8 années de travail. Il est équipé de 2 moteurs Hercules 759 de 2 068 cv chacun. Il peut transporter une cargaison de 5 tonnes ou 35 parachutistes ou 42 passagers. Sa vitesse de croisière est de 170 nœuds (320 km/h) et son poids est de 13,3 tonnes. 

 

 L'Alpha Jet E : Formation et entrainement des pilotes de chasse

 Le "E" pour entrainement, l'Alpha Jet était destiné à la formation des pilotes de chasse entre 1978 et 2022,  puis pour l'entrainement avancé et la mission de plastron opérationnel ("Agressor" ou "Red Air"). La Patrouille de France en est équipé depuis 1981. Il est équipé de 2 turboréacteurs Turboméca Larzac de 1 350 kg de poussée. Sa vitesse maximum est de 500 nœuds ou 930 km/h. Son autonomie est de 1h30.

 

Le Canadair : Hydravion bombardier d'eau

En 10 secondes, le fameux Canadair CL-215 est capable d'écoper 5 tonnes d'eau à laquelle on peut ajouter 320 litres de mousse retardante. Le largage est effectué à très basse vitesse (entre 220 et 240km/h) en un seul passage à une hauteur d'environ 40 m. La pression de l'eau est alors de 5 bars. La succession d'écopage et de largage, du lever au coucher du soleil nécessite une grande résilience de la part des pilotes et une exceptionnelle maitrise de l'appareil. Détail insolite : il possède une ancre en cas d’amerrissage. Il est équipé de 2 moteurs Pratt & Whitney double wasp 18 cylindres en double étoile de 2100 cv chacun. Sa vitesse de croisière est de 290 km/h (155 nœuds). Sa masse à vide est de 12 tonnes ; 

 





Le mirage F1-C : Monoplace d'interception et de combat aérien

Le Mirage F1-C a assuré la police du ciel dans l'espace aérien national jusqu'en 1994. L'appareil du CAEA est entré en service en 1977 et a été réformé en octobre 2002. 720 exemplaires ont été produits dont 185 pour la France. Sa vitesse maximale est de Mach 2,1  (2300 km/h). Sa masse à vide est de 7,8 t et il peut emporter 4 300 litres de carburant. Il est équipé d'un turbo réacteur SNECMA Atar 9k50 de 4,9 tonnes de poussée ainsi que de 2 canons DEFA 553 calibre 30 mm, de missiles électromagnétiques semi-actifs Matra Super 530 et infrarouges Matra 550 Magic.






Le Mirage III : Chasseur bombardier polyvalent tout-temps nucléaire

Entre 1964 et 1992, 9 escadrons de chasse de l'armée de l'Air ont été équipés de cet appareil. Son radar Doppler lui permet de voler par tout temps. L'appareil du CAEA est le dernier à avoir volé en Europe. Sa vitesse maximale est de Mach 2,10 (2300km/h). Sa masse à vide est de 7 tonnes et il peut emporter 2600 litres de carburant. Il est d'un turboréacteur SNECMA Atar 9C de 4,3 tonnes de poussée ainsi que de 2 canons DEFA 552 calibre 30 mm, d'un missile Matra R.530 sous fuselage, de missiles Matra R.550 sous voitures et de l'Arme nucléaire tactique AN 52 (25 kilotonnes) 

 

 

Le Spad VII : Biplan de chasse de la première guerre mondiale

C'est en août 1916 que le Spad VII arrive en première ligne. C'est un appareil robuste qui devient la monture d'un grand nombre de pilotes audacieux, dont Georges GUYNEMER qui remportera 53 victoires avant de disparaitre le 11 septembre 1917. Cette maquette est la copie conforme du SPAD VII n°115, "Vieux Charles" de Georges GUYNEMER. Elle participe à toutes les manifestations de la BA 106 et elle est sollicitée par les organisateurs d'événement prestigieux. Son moteur est un Hispano-Suiza de 180 cv V8 refroidi par eau. Il est équipé d'une mitrailleuse Vickers de 7,7 mm tirant au travers de l'hélice. Son poids à vide est de 556 kg, sa vitesse maximale de 208 km/h et son plafond pratique de 5 300 mètres. 

  


Pour finir, voici un schéma présentant l'évolution de la silhouette des avions Dassault entre 1949 et 1991.

 


photos : généalogie33