18 juin 2026

Cadillac, la prison au féminin

Du 10 décembre 2025 au 26 avril 2026, les Archives Départementales de la Gironde ont proposé l'exposition "LES EFFACÉES" consacrée à l'histoire de la prison pour femmes située dans le château de Cadillac entre 1822 et 1951

Cette exposition s'est accompagnée d'un riche programme comprenant conférences, visites guidées, visite hors les murs, projections de films...  La maison d'édition "Les éditions du patrimoines" a édité le catalogue de l'exposition : "Effacées. L'enfermement au féminin (1822-1951)" - 25€

 📢 Précisons que la prison de Cadillac n'a pas de lien avec l'asile psychiatrique et le cimetière des oubliés.  

  • Entre 1822 et 1891, le château a été une maison centrale de détention pour femmes adultes 
  • Entre 1891 et 1896, ce fut une maison d'éducation pénitentiaire pour jeunes filles
  • Entre 1905 et 1940, ce fut une école de préservation
  • Entre 1940 et 1951, ce fut une institution publique d'éducation surveillée

 

photo : généalogie33
affiche de l'exposition

Les documents d'archives

L'exposition regroupe près de 200 documents issus des AD 33 qui retracent les conditions d'enfermement de ces femmes entre 1822 et 1951. En très grande majorité, les documents sont issus des archives de la préfecture (série Y) qui est l'organisme chargé de la surveillance des prisons. Ces documents apportent des informations sous les prismes financier et du maintien de l'ordre

Hormis les archives de la préfecture de police, il y a peu d'archives concernant le fonctionnement de la prison. Toutefois, dans les premières années de la prison, les archives sont plutôt bien documentées notamment par le médecin présent sur place qui écrit sur les conditions de détentions de ces femmes.

👉Les registres d'écrous de la prison de Cadillac sont mis en ligne sur le site des archives via ce lien. 

👉Le délai de communicabilité du registre d'écrou est de 50 ans. 

 

photo : généalogie33
document d'archive

Le château

🏰Construit en 1599 pour le Duc d'Epernon,  Jean Louis de Nogaret de la Valette, cadet de Gascogne, le château de Cadillac est un exemple d'architecture à la française en cette période de la Renaissance. Les pièces intérieures présentent des lambris, des plafonds peints ainsi que de monumentales cheminées en marbre ou en pierre sculptées. 

Le Duc d'Epernon n'occupe que peu ce château qui est, très vite, affecté par le manque d'entretien. A la révolution, le château est confisqué, comme beaucoup d'autres bâtiments appartenant à la noblesse ou au clergé. 

Avec la révolution, un nouveau système judiciaire est mis en place. Ce système est basé sur l'enferment nécessaire pour redresser les corps et les esprits (avant la révolution, la prison était un lieu de passage et de châtiment corporel). En 1818, le nouvel état français acquière ce château dans le but d'en faire une prison pour femmes.  

C'est l'architecte départemental Pierre-Alexandre Poitevin qui va réaliser les plans de la future prison. Il en a déjà construit, c'est un habitué en quelque sorte. 

Le corps du château, ses 2 ailes et sa conciergerie forment un ensemble carré autour duquel des douves, sans eau, sont creusées pour prévenir les évasions.

 1822-1891 Prison pour femmes 

1/ Les premières femmes emprisonnées

 Dans l'après-midi du 3 avril 1822,  204 femmes détenues arrivent par bateau de la maison centrale d'Eysse en Lot-et-Garonne, à Cadillac. Les festivités de la semaine Sainte sont interrompues et les badauds peuvent assister à ce spectacle inédit. Le maire se félicite de cette arrivée et se réjouit de la beauté des salles du château qui vont "accueillir" les détenues.

 Des enfants accompagnent ces femmes détenues : ils sont au nombre de 11. 

Des surveillantes laïques accompagnent également ces femmes durant leur voyage entre Eysse et Cadillac ; elles resteront ensuite pour effectuer la surveillance à l'intérieur de la prison. Au départ, peu d'hommes sont en contact avec les détenues ce sont le médecin, l'aumônier, le directeur.

👮Ces premières femmes détenues sont enregistrées dans le "registre d'écrou" où l'on retrouve des informations telles que leur identité, une description physique sommaire, la liste de leurs modestes effets personnels, la vérité judiciaire, leur peine, leur sort (souvent funeste). 

2/ Portrait des femmes détenues

 Entre 1822 et 1891, ce sont près de 10 000 femmes qui  passeront entre les murs de cette prison pour une durée minimale d'un an. Le modèle carcéral de l'époque est alors fondé sur la discipline, le travail et la règle du silence total est imposée dans l'établissement.

La prison de Cadillac est l'une des 3 prisons pour femmes au XIXe siècle ; les détenues proviennent de 12 départements du sud-ouest et 75% sont issues du milieu rural. Elles n'ont pas le droit de communiquer entre elles, et si jamais elle le font, elles ne peuvent se comprendre que difficilement car chacune parle son patois local ; l'enseignement du français n'étant que peu répandu surtout pour les filles.

Elles sont très pauvres, souvent vieillissantes, toujours fatiguées, usées par les accidents de la vie ; elles échouent dans cette prison pour des délits de vol (elles ont volé pour se nourrir ou pour nourrir leurs enfants) ou d'avortement, délit sévèrement punis. Cette vérité judiciaire est très éloignée des fantasmes de l'époque où l'on suppose que ces femmes sont emprisonnées pour des affaires "de mœurs". 

La plus âgée avait 100 ans ; elle est morte à la prison à 102 ans.

Les femmes sont détenues pour les motifs suivants :

  • vol à 70% et ont une peine de 3 ans en moyenne
  • avortement ou infanticide à 10% et restent 4 ans en moyenne
  • "affaires de mœurs" à 4 % (prostitution)
  • homicides, coups et blessures, mendicité... 
Les conditions de détention et l'hygiène sont catastrophiques ; le taux de mortalité est de 17 % alors que ce taux est de 5% à l'époque dans la population française. 
 

3/ La surveillance

 

En 1822, ce sont les vieilles accompagnatrices laïques qui sont chargées de surveiller les détenues. Mais, très vite le maire de Cadillac s'émeut des potentielles évasions et autres dangers que ces femmes pourraient faire courir à ses administrés. 
 
Au bout de quelques mois, ces accompagnatrices sont alors peu à peu remplacées par des anciens soldats des campagnes napoléoniennes qui sont affectés à la surveillance. Ce sont des hommes imposants, rudes, terrifiants qui sont armés de sabre...et qui profitent des détenues en leur imposant des "familiarités" (c'est à dire des viols, des agressions...). Des enfants naitront de ces "familiarités".
 
😕En 1830, l'administration se demande s'il est opportun de laisser la surveillance de ces femmes à des soldats aguerris. 
 
En 1840, la décision est prise de remplacer ces soldats par des religieuses, ce qui présente plusieurs avantages :
  • leur faible coût : elle seront fonctionnaires de l’État avec une faible rémunération
  • la notion d'enfermement ne leur est pas étrangère, bien au contraire
  • la notion de "brebis égarées" qu'il faut remettre sur le droit chemin 
 Du personnel laïque, il ne reste que quelques postes aux missions réduites. Les sœurs de la Sagesse sont donc chargées de la surveillance de la prison jour comme nuit. Elles ne seront que 17, alors que le nombre de détenues sera variable entre 200 et 400
Les sœurs seront aussi en charge de l'enseignement scolaire bien qu'il restera très rudimentaire. Seules les détenues les plus méritantes peuvent suivre les cours dispensés par les sœurs ; toutefois l'administration ne voit pas d'un bon œil cet enseignement qui empiète sur le temps dédié au travail des détenues.
 
Durant le XIXe siècle la moralisation religieuse de la population carcérale est considérée comme un appui indispensable pour faire régner la discipline et l'ordre. Toutefois le prosélytisme particulièrement zélé de l'aumônier n'est pas cautionné par l'administration qui garde l’œil rivé sur les dépenses. En effet, il fait aménager une chapelle dans l'ancienne salle de réception du château, la cheminée est transformée en retable et de nombreux autres frais lui seront reprochés. 
 

 
document de l'exposition

4/ La vie quotidienne dans la prison de Cadillac  

 La journée des détenues est rythmée par le son des cloches, les cantiques, les prières, le travail. Elle doivent faire elles-mêmes les tâches domestiques : nettoyage des salles et lavage du linge.  
 
🔏 Au XIXe siècle, la vie quotidienne dans la prison est collective ; il n'y a pas de place pour l'intimité. La nuit les femmes dorment dans de grands dortoirs et le jour elles travaillent ensemble souvent dans les sous-sols. L'hygiène est catastrophique, les cas de diphtérie et de tuberculose sont nombreux ; les puces, les poux, les rats y prolifèrent. L'établissement est éclairé à la bougie et est chauffé par les grandes cheminées. Les dortoirs et le sous-sol ne sont pas aérés.
 
Il arrivent régulièrement, que ces femmes doivent rester de longs jours avec des vêtements souillés par représailles.

 Les repas sont au nombre de 2 par jour : le premier est servi à 9h et le second à 16h. Ils consistent en un bouillon clair de légumes et une petite ration de pain. Quelques céréales viennent compléter le repas du jeudi soir.  Les détenues sont ainsi perpétuellement carencées, faibles et malades. Il faut attendre 1828 et de nombreuses demandes de la part du médecin pour que les détenues obtiennent un régime "gras" : quelques morceaux de viande le jeudi soir. Il faudra attendre 1844 pour que les détenues bénéficient d'un 3e repas quotidien.
 
 🌙La journée débute à 4h ou 6h du matin en fonction de la saison. Elle est ponctuée par les obligations religieuses et le travail. La discipline est très rigoureuse et les punitions nombreuses : silence total imposé aux détenues, sanctions brutales, mises au cachot avec pain sec et eau, privation de vêtements propres, travail supplémentaire, privation de vin et de tabac.... Les révoltes sont fréquentes.
 
 Certaines femmes sont enceintes lors de leur détention, soit qu'elles soient arrivées déjà enceinte, soit qu'elles aient subies les agressions de la part des gardiens. L'accouchement est souvent caché, et les femmes décèdent. Si les enfants survivent, ils sont placés en nourrice. Dans certains cas, l'administration fait rechercher les pères afin que ceux-ci prennent en charge leur nourrisson. 
 
A la fin de leur peine, en application de la loi du mai du 30 mai 1854 sur la transportation puis celle de 1885 sur la relégation des multirécidivistes, les détenues sont envoyées dans les bagnes coloniaux
 
vue de l'exposition

 

5/ Le travail 

 📌Le travail est l'un des piliers du "redressement des esprits". Si les hommes emprisonnés sont aptes au travail, c'est parce-qu'ils exerçaient très souvent un métier avant leur enferment, ce qui n'est pas le cas des femmes qui, pour la grande majorité sont issues du monde rural. On demande donc à ces femmes de réaliser des activités industrielles pour lesquelles elles n'ont aucune prédispositions, ce qui aura pour conséquence de médiocres résultats.
 
Les travaux obligatoires au sein de la prison sont des travaux liés à l'habillement : le filage, le tissage, le tricot, la couture, la passementerie, la ganterie, la fabrication de sabots, de chapeaux...  La vente de ces produits permet d'améliorer le quotidien de ces femmes et de contribuer à leur entretien.
 
En effet, ce n'est pas l'État qui s'occupe de l'entretien (nourriture, linge, médicament, etc...) de ces femmes, mais c'est "l'entreprise générale des services" qui se charge de l'entretien et de l'encadrement du travail des femmes. Cette entreprise est désignée par appel d'offre et l'entrepreneur n'a qu'un objectif : le profit. Le fruit du travail des femmes est vendu et le produit de cette vente doit servir à les nourrir, les chauffer, les vêtir... et à rémunérer l'entrepreneur. Les dépenses d'entretien sont par conséquent très contrôlées.
 
La vente des produits est réglementée et se fait à bas coût, car l'État intervient en dotant la prison de moyens de production. En 1849, les entrepreneurs locaux s'émeuvent du faible coût des produits vendus et attaquent la prison au tribunal pour concurrence déloyale.
 

1891-1896 Maison d'éducation pénitentiaire 

 
En 1891, la prison de Cadillac ferme ses portes car la population féminine responsable de crimes et délits est en baisse. Les détenues sont alors transférées à Rennes. Le château se transforme en "maison d'éducation pénitentiaire" de Cadillac-Doullens. On y place de jeunes filles mineures ayant agit sans discernement, et ce, jusqu'à leur majorité. A cette époque, la France a 3 établissements de ce type.
 
Une jeune fille mineure ayant "agit sans discernement " (un vol, par exemple) peut ainsi être placée dans cette "maison d'éducation" dès ses 9 ans et n'en ressortira qu'à ses 21 ans au maximum, selon la gravité du délit. De ce fait, la plus jeune emprisonnée avait 12 ans ; elle mesurait 1 mètre. Elle sera condamnée à rester à la prison jusqu'à sa majorité.
 
Les pères peuvent aussi choisir de placer leur fille, pour ne pas s'encombrer, dans ce genre d'établissement... 
 
Les jeunes détenues doivent normalement y recevoir une éducation jusqu'à leur 14 ans, et sont par la suite, obligées de travailler à la confection de vêtements. Les conditions de détention sont abominables pour ces jeunes filles : elles dorment toujours dans des dortoirs collectifs et les très jeunes filles côtoient des adolescentes et des jeunes femmes. Les jeunes filles servent de souffre-douleur aux plus âgées. 
 
Au vu de la situation, l'établissement ferme en septembre 1896 et les jeunes sont transférées à Doullens.
 

1905-1940 École de préservation

👧En 1905, le château accueille une école de "préservation" de jeunes filles mineures, basée sur le même principe que la "maison d'éducation pénitentiaire". Certains dortoirs collectifs sont transformés en cellules individuelles de style "cage à poule" avec des barreaux, d'une superficie de 4 m² où seuls un lit et un chevet sont présents. Les plus jeunes filles restent toutefois en dortoirs collectifs. La discipline de fer est toujours la règle, elle est basée sur le modèle pénitentiaire bien que le gouvernement revendique qu'il y ait une dimension éducative.
 
Le personnel est réduit à son strict minimum : les détenues font elles-même le ménage, la cuisine, le jardin. Elles bénéficient de 3 repas quotidiens et leur journée est partagée entre temps scolaire et travail.
  
Le personnel administratif et pénitentiaire n'est pas spécialisé pour encadrer des filles mineures, les conditions d'enfermement sont équivalente à celle d'une prison et pas d'une école, la maltraitance est institutionnelle et l'hygiène est déplorable. Des mutineries éclatent et sont sévèrement réprimées. 
 
💣Durant la première guerre mondiale, un comité de patronage est créé. Cela permettra aux jeunes filles de sortir de la prison pour aller travailler dans les familles aisées des alentours notamment pour faire les vendanges. Les bras masculins manquent, les jeunes filles les remplacent. Pour ce travail, elles seront payées.  
 
Entre les 2 guerres, les bagnes d'enfants sont dénoncés dans la presse. La prison de Cadillac s'adapte en modifiant certains points de son règlement intérieur sans pour autant modifier les habitudes et former les agents pénitentiaires...  La situation reste donc identique ; les mutineries sont fréquentes et le cachot est la règle pour les récalcitrantes. 
 
 
vue de l'exposition

1940-1951 Institution publique d'éducation surveillée - IPES

1/La Guerre

 
👮En 1940, le 10 mars, suite aux bombardements, le château accueille  une vingtaine de pupilles, des nourrissons, une maitresse et des monitrices. La guerre et l'occupation ont des conséquences sur les pensionnaires.Tout manque mais les rapports rendus indiquent l'inverse : l'hygiène est excellente, les pupilles sont disciplinées et éduquées alors qu'en réalité les jeunes femmes sont amaigries, elles ne disposent toujours pas de sanitaires, et les évasions et envois en cachot sont fréquents. 
 
L'enseignement dispensé est de qualité médiocre car il y a peu d'enseignants qualifiés et les profils très disparates des pensionnaires est également un frein. Durant la seconde guerre mondiale, le temps scolaire passe ainsi de deux heures par jour,  à une demi-heure par jour l'été et une heure et demi par jour en hiver.
Les élèves sont également triées : les plus méritantes reçoivent un enseignement, celles qui sont jugées irrécupérables seront délaissées et transférées. 
 
A partir de 1942, l’éducation religieuse fait son retour au sein de l'établissement. L’aumônier présent sur place dispense le catéchisme, il reçoit les confessions et pratique les baptêmes et les communions. 
A cause des pénuries, le travail des pensionnaires est réduit à l'entretien de leurs effets personnels, et la fabrication de sabots en raphia pour les occuper. Elles reçoivent par ailleurs, des cours d'enseignement ménager et d'hygiène afin de les préparer à être une domestique ou une ménagère. 
 
En 1942, il ne reste plus que l'établissement de Cadillac pour accueillir les mineures délinquantes, les 2 autres établissements ayant été bombardés. 
 
Les conditions de détentions sont toujours celles des prisons : silence absolu lors des déplacement sous peine de sanction, leur cheveux sont coupés à leur arrivée, elles portent des robes noires, les ateliers sont mal équipées, les encadrantes sont inadaptées. La répression est la règle, aucun moyen n'étant prévu pour leur réinsertion. Les révoltes sont nombreuses.
 
En 1944, on tente de réformer la méthode d'encadrement en plaçant à la tête de l'institution, une psychologue : Dominique RIEHL. Les pupilles seront traitées comme des personnes à "réadapter" via l'apprentissage d'un métier. Un premier tri des jeunes femmes est effectués afin de ne garder que les personnalités jugées récupérables et un projet pédagogique est construit. Du personnel formé est recrutés, la prise en charge de la pensionnaire est personnalisée par, notamment, la création de rapports quotidiens, de graphiques, de mise en place "d'équipes de vie". Les salles du château sont réaménagées, on crée des zones de loisirs, des sanitaires sont mis en place dans les dortoirs. Les pensionnaires peuvent maintenant interagir entre elles. Les temps scolaires et d'apprentissage sont revus, et elle peuvent préparer certains diplômes. 
 

2/ L'expérimentation 

 
🚓En mai 1947, Dominique Riehl décide de poursuivre son expérience à Brécourt (Seine et Oise) avec 36 des pupilles de Cadillac et une partie du personnel. En effet, le château de Cadillac est trop vétuste pour son projet, et ce, malgré les travaux réalisés. 
 
vue de l'exposition

 
A partir de mai 1947, avec le départ de certaines de ses pensionnaires, Cadillac va accueillir des mineures provenant de Fresnes et de Rennes. Ce sont des mineures jugées "irrécupérables". De manière parallèle, les postes vacants de Cadillac sont comblés par du personnel non formé aux nouvelles méthodes mises en place par Dominique Riehl. L'administration pénitentiaire souhaite continuer l’expérimentation de la formation professionnelle mais avec les mineures les plus dures et du personnel non formé.
 
 Ce sont donc 60 pupilles, en moyenne âgées de 19 ans qui s'installent à Cadillac, dont 15 sont des jeunes mères. Les incidents se multiplient, certaines arrivent à monter sur les toits du château et lancent les tuiles au sol, des rixes et  des vols se produisent, des pupilles s'évadent... Le préfet de la Gironde demande plus de contrôle à l'administration de l'IPES face à ces incidents, au contraire du Conseil Général et du Conseil Municipal qui souhaitent que l'établissement, qui n'est plus adapté, ferme définitivement. 
 
😟L'administration pénitentiaire décide de fermer définitivement l'établissement en octobre 1951 suite au suicide de 2 pensionnaires : Marguerite Delannoy en octobre 1950 et Monique Bedieff en mai 1951. Ces suicides se seraient produits dans les cachots du château. Ces jeunes femmes classées comme déséquilibrées, n'avaient pas leur place dans cet établissement, mais auraient être placées dans une structure adaptée à leur maladie.  
 
 
Entre palais ducal et prison pour femmes, les pierres du château de château de Cadillac renferment une histoire chargée. Les cheminées monumentales, les plafonds peints, les graffitis et les cages à poules sont les vestiges de ce passé grandiose et douloureux. 
 
 Photos & texte : SP

Cadillac, la prison au féminin